Regard sur la crise
C’est comme si la crise était désormais liée à notre histoire. Comme s’il était écrit que notre avenir devait impérativement être incertain. Au soir du 31 octobre 2010, nous avons tous cru à la fin de la crise. Enfin, nous avions voté et nous attendions les résultats, dans le calme et la discipline. Les résultats du premier tour de la présidentielle m’ont fait retourner au Collège Moderne Descartes de Marcory Zone 4, le 28 novembre pour choisir entre Gbagbo et Alassane. Quelqu’un me disait: « crois-tu que le perdant acceptera sa défaite? ». Je lui ai dit que nous avons suivi le débat télévisé et que l’un des deux gagnera sûrement. Par respect pour leur parole donnée devant toute la nation, le vaincu s’en irait calmement. J’étais persuadé que le perdant accepterait sa défaite, en bonne intelligence comme Henri Konan Bédié. Mon erreur a été d’oublier que la politique est un jeu, un jeu dangereux. Beaucoup plus dangereux sur le continent noir. Celui qui a envoyé la politique en Afrique ne nous a pas rendu grand service. Ou du moins, il doit avoir omis de nous remettre le mode d’emploi. Pour un problème politique, les travailleurs quittent désormais le bureau à midi, les élèves ne vont pas à l’école, le marché qui était si cher est devenu amer. En Côte d’Ivoire, l’ivoirien vit chaque jour comme le dernier. Cette année, le mois de décembre, en Côte d’Ivoire, est triste. Le pays est triste. Les enfants sont tristes. Et même les vieux sont tristes. Tu peux voir quelques personnes entrain de sourire dans la rue. Mais dans le fond, elles sont tristes. Nous sommes tous victimes de quelques personnes qui défendent leurs intérêts. Pourtant, chacun prétend défendre nos intérêts. A la fin, qui a intérêt à ce que le pays recule? La main sur le cœur, restons en prière, même si ça fait mal.