Enfin libres… mais pas totalement
Enfin libres… mais pas totalement. Ils sont sortis ce matin, l’air affamé. Affamé et assoiffé… de justice, de vérité, de mots à marteler pour guérir nos maux. Qu’y a-t-il de plus grave que de demander à un journaliste de ne pas écrire, ne serait-ce que pendant quinze jours ? C’était comme si, à Stamford Bridge, l’on demandait à Didier Drobga, de ne pas fouler la pelouse pendant deux semaines. Un Drogba en pleine forme, et capable de faire le geste essentiel et utile comme celui que l’on effectue en déplaçant l’épaule comme si l’on voulait écrire la lettre « O ». Deux semaines qui donneraient lieu à de chaudes empoignades entre les prétendants au titre de champion. Deux semaines durant lesquelles le principal concurrent ne se ferait pas prier pour creuser l’écart et filer à l’anglaise. Pourquoi Didier serait-il sanctionné ? Et bien seulement parce qu’il aurait marqué un but à la suite d’une série de passes aveugles qui seraient parties depuis le gardien de but – ou du palais, si vous préférez. Le crime de notre cher attaquant, serait bien évidement d’avoir mis ce ballon au coin du poteau, précisément dans un angle fermé, signe d’audace et de courage, de bravoure et d’intelligence. Un geste qui a fait sourire plus d’un, mais qui en a fait grincer autant. Le geste en lui-même n’est pas nouveau. Pourtant, n’importe quel observateur averti pourrait le décrire, en quelques lignes, comme s’il était entrain d’écrire un nouveau courrier. Il aurait été demandé à notre buteur de révéler le nom de celui qui lui aurait transmis cette audace qui permet de placer un ballon dans un angle fermé. Face au refus du joueur, jouissant pleinement de ses droits, le juge arbitre lui aurait brandit un carton rouge doublé d’une interdiction de jouer pour les quinze prochaines rotations. Un peu frustrant quand même !
Le dénouement de cette affaire est tel que nous l’attendions tous. Même si, de l’arrestation à la libération, nous sommes passés d’un état à un autre, dans un sens comme dans l’autre. Ils sont libres car Ils n’ont volé aucun document. Toutefois, ils l’ont reçu, cette bombe. Il fallait la désamorcer car elle aurait explosé tôt ou tard. Nos amis ont été braves et courageux, il faut le reconnaître. Ils sont restés fermes là ou d’autres auraient craché le morceau à la vue du premier corps habillé. Encore deux semaines de vacances. Et ils reviendront beaucoup plus chauds, beaucoup plus forts, tout nouveau, tout beau. Qui a dit que l’Africain ne savait pas garder de secret ?
27/07/2010